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Lena Dunham explore l’holocauste à travers un film de voyage émouvant et rassurant

Au 17 février 2024 à 15h28, le film « Trésor » de Julia von Heinz est sans doute sympathique et attrayant à bien des égards, même si une telle description peut sembler réductrice. Comment, après tout, pourrait-on décrire autrement un road movie père-fille particulièrement réconfortant qui aborde une thématique aussi délicate et intense que l’Holocauste, ce traumatisme multigénérationnel et multinational ?

Le film suit deux Juifs américains, interprétés par Lena Dunham et Stephen Fry, dans leur voyage à travers la Pologne, sur les lieux où leur famille a été détruite. Basé sur un roman partiellement autobiographique de l’auteur Lily Brett, on pourrait se demander ce qui différencie ce « Trésor » d’autres œuvres littéraires telles que « Everything Is Illuminated » de Jonathan Safran Foer ou le récent film de Jesse Eisenberg, « A Real Pain ». En vérité, la réponse repose surtout sur les charmantes performances des acteurs principaux.

Le décor bénéficie d’un contexte historique précis : nous sommes en 1991, le rideau de fer vient d’être levé et Ruth Rothwax, une journaliste de 36 ans (Lena Dunham), fait partie des premières personnes qui découvrent ce qui sera plus tard appelé « le tourisme de l’Holocauste ». Son père d’origine polonaise, Edek (Stephen Fry), considère simplement Auschwitz comme « sa vieille maison ». Bien qu’ayant perdu sa femme récemment, ce charmant Don Juan décide d’accompagner sa fille dans ce voyage.

Ce qui en résulte est un drame de personnages sobres mais minutieusement sculptés, un « voyage spécial père-fille » intense. Du côté des omissions notables, la tentative d’explorer ou de contextualiser ce moment spécifique de l’après-Guerre Froide reste en effet assez opaque. L’une des particularités de « Trésor » est qu’il expose le fossé d’incompréhension entre une génération de survivants et les enfants qu’ils ont élevés.

L’interprétation singulière de Dunham et Fry met en lumière une dissonance étrangement intemporelle. Tandis que Fry s’avère très convaincant dans le rôle d’un homme jovial qui cache une tristesse profonde, la performance de Dunham semble moins ancrée dans la période. Cette dissonance ne nuit pas à la chimie entre les deux personnages, mais elle atténue l’impact du film.

Le « Trésor » avance grâce à un scénario habile et autonome et des performances convaincantes, sans pour autant se pencher en profondeur sur le poids historique qu’il est censé explorer. En dépit de quelques criticisms, ce film se révèle être en effet un véritable trésor.

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