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Après la chute de l’emblème cinéma l’Ariana à Kaboul : Quel avenir pour la scène culturelle en Afghanistan ?

La destruction de l’Ariana : Un symbole de la chute de la liberté d’expression en Afghanistan

La récente destruction du cinéma Ariana, emblème de la culture à Kaboul, a marqué un tournant tragique dans l’histoire du pays. Construit dans les années 1960, l’Ariana n’était pas seulement un lieu de divertissement, mais un lieu de rassemblement pour la famille et l’amitié. Avec sa capacité de 600 places, il a accueilli des projections de films allant de Bollywood aux productions américaines. La réouverture en 2004, après sa restauration par des architectes et cinéastes français, était un signe d’espoir dans une période de reconstruction. Malheureusement, cette lumière s’est éteinte sous le joug des talibans.

Les autorités talibanes, qui ont pris le pouvoir en 2021, ont imposé un contrôle strict sur la scène culturelle, interdisant la musique et le cinéma. Le cinéma Ariana, en dépit de sa structure intacte, a été la cible de bulldozers dans un acte symbolique fort, effaçant un élément essentiel du patrimoine artistique afghan. Comme l’a souligné un réalisateur afghan, fermer des lieux comme l’Ariana, c’est « aveugler une société et la priver de toute visibilité ». Ce type de suppression a des répercussions profondes sur l’identité culturelle d’un pays déjà meurtri par des années de guerre.

La démolition de l’Ariana est un reflet des politiques dévastatrices qui ciblent l’art et la créativité. Les talibans, en supprimant les projets artistiques, cherchent à contrôler les narratives culturelles. En remplaçant les cinémas par des centres commerciaux et des mosquées, ils masquent l’histoire d’un pays riche en diversité. La scène culturelle, autrefois vibrante, a été transformée en un espace de surveillance et de contrôle, où les voix dissidentes et les expressions artistiques sont systématiquement étouffées. Ce phénomène ne se limite pas seulement à la démolition physique; il incarne une disparition spirituelle et créative dans la société afghane.

Répercussions sur la scène culturelle en Afghanistan

La suppression de l’Ariana ne représente pas seulement la perte d’un bâtiment, mais la destruction d’une tradition cinématographique et culturelle en Afghanistan. Ce lieu a été un carrefour pour les idées et les émotions, un espace où les familles pouvaient se rassembler pour apprécier des récits qui, souvent, reflétaient leurs luttes et leurs aspirations. Sa fermeture a donc laissé un vide immense dans le cœur des afghans, un symbole de l’impossible liberté d’expression au sein du pays.

Au-delà des murs du cinéma, cette destruction reflète une tendance inquiétante sur l’ensemble de la scène culturelle. Les arts, en tant que moyen d’expression, ont été affaiblis par une répression systématique. Les cinéastes tels que la réalisatrice américaine d’origine afghane, Sonia Nassery Cole, avaient déjà vu leur travail entravé. Son film « The Black Tulip », nommé aux Oscars, illustre parfaitement la vision artistique d’un pays qui aspire à la paix et à la prospérité, mais ce rêve semble lointain aujourd’hui.

Les impacts de cette démolition sont tout aussi sociaux que culturels. Les jeunes créateurs de contenus, qui constituaient une génération d’espoir, se retrouvent désormais dans une impasse. Les initiatives de formation, qui ont vu le jour dans les années 2000 pour encourager la créativité chez les jeunes, ont disparu, tout comme le soutien essentiel à l’expression artistique. Une génération entière est en train de perdre l’occasion d’exprimer son vécu à travers des récits cinématographiques. Un projet de refonte de la culture cinématographique se heurte désormais à un mur infranchissable de censure et de répression.

La résilience culturelle au-delà des réalités amères

Malgré ces obstacles accablants, un souffle de résilience se maintient au sein de la scène culturelle afghane. Bien que l’espace public soit rétréci, l’esprit créatif des Afghans trouve des moyens de persister. Des clubs de lecture clandestins existent, où des femmes et des hommes débattent de livres interdits et partagent leur expérience à travers une correspondance numérique. La volonté de maintenir un lien avec leur héritage culturel est indomptable.

Les artistes en exil continuent de jouer un rôle crucial en apportant une perspective culturelle et en collaborant avec ceux restés sur place. Cela se manifeste à travers la création de contenu sur les réseaux sociaux, où les voix créatives s’expriment malgré les menaces de représailles. Bien que les femmes aient été bannies de la vie publique, certaines parviennent à publier des écrits et à partager des histoires de résilience. La parole, même dans son ombre, reste une forme de résistance.

La faculté des Beaux-Arts, bien que fermée aux femmes, est encore un espace où des hommes peuvent étudier l’art, mais uniquement dans un cadre qui valorise les récits traditionnels. Comme dans beaucoup de pays en proie à une répression politique, ces espaces d’art ont tendance à devenir des outils de propagande. Pourtant, l’âme de la créativité persiste en dépit de la censure. Les scènes de théâtre qui continuent à exister racontent des histoires de sacrifice, d’héroïsme et de lutte, reflétant les complexités d’un peuple en quête d’identité.

Le rôle de la communauté internationale dans la préservation de l’héritage culturel afghan

Dans ce climat de crises multiples, la communauté internationale a un rôle crucial à jouer pour soutenir la préservation du patrimoine artistique afghan. Le soutien à des initiatives culturelles et éducatives, même à distance, peut offrir une forme d’espoir, non seulement pour les artistes en exil, mais aussi pour ceux qui demeurent sur place. Des initiatives, comme la collaboration entre artistes afghans et internationaux, peuvent sembler une lueur d’espoir dans une nuit sombre.

Les projets de reconnaissance et d’archivage de la culture afghane, qu’ils soient physiques ou numériques, deviennent de plus en plus importants. Documenter les histoires, les œuvres d’art et les films en mesure de capturer l’âme afghane est crucial pour assurer leur survie future. La technologie offre des plateformes qui permettent de conserver ces récits, même face à une répression croissante.

Des consultations régulières avec les diasporas afghanes peuvent renforcer la voix des artistes et les encourage à se battre pour leur identité culturelle. Cela inclut également l’éradication des stéréotypes négatifs autour de l’Afghanistan, en révélant la richesse de sa culture et son histoire. Le soutien d’organisations internationales pour la réhabilitation et le financement d’espaces d’art contribue à créer un environnement où l’expression est non seulement valorisée, mais également protégée.

Avenir culturel : Quelles perspectives pour l’Afghanistan ?

Alors que l’avenir culturel de l’Afghanistan semble plongé dans l’incertitude, les leçons du passé révèlent une réalité indéniable : l’art et la culture trouvent toujours des moyens de survivre. La démolition du cinéma Ariana pourrait sembler être un coup fatal, mais il peut aussi catalyser des réponses créatives inattendues. Des mouvements artistiques émergents, même à petite échelle, pourraient redémarrer un dialogue fort avec le monde.

Cela dit, pour bâtir cet avenir, il est vital de garantir la sécurité et la liberté d’expression pour tous les artistes. La sauvegarde des contributeurs à la scène culturelle, y compris les femmes, est essentielle ; leur intégration dans ces mouvements de renaissance assure une diversité nécessaire pour la narration. Seule une société dans laquelle chacun a une voix peut véritablement traduire la riche histoire de l’Afghanistan en un avenir prometteur.

En fin de compte, le chemin vers la redécouverte de cette culture vibrante repose sur une solidarité collective, entre les Afghans et le reste du monde. L’avenir culturel de l’Afghanistan ne sera pas déterminé uniquement par les forces dominantes qui cherchent à l’étouffer, mais aussi par la résilience et l’engagement de ceux qui continuent à croire en la beauté et en la force de l’art.

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